DOSSIER DECHETS : Réaction

L’affaire est dans le sac?

Les déclarations de notre Bourgmestre dans l’Avenir le Jour Verviers du  10/02/11(*)  me porte à réagir sur le fond. N’est-il pas temps de poser les bonnes questions ?

Nous ne sommes pas la plus mauvaise des communes; encore heureux mais si nous descendons de 116 kg à 111 kg de déchets par habitant en 3 ans, il faut rappeler que l’objectif était de 100 kg.  C’est maigre comme résultat et surtout navrant de savoir, maintenant, que 800 à 1000 sacs ont été récupérés.  Dans la masse des sacs en trop ce sont ceux que les citoyens ont souhaités rendre parce qu’ils ont choisi de ne pas les utiliser et ont osé répondre à notre questionnement.

Ces sacs que l’on dit «gratuits» parce qu’enlevés sur simple signature, nous les avons payés à 1 euro  et cela les gens l’oublient, ou on tend à les laisser oublier.   Le montant de la taxe payée par chaque ménage est de 82 euros + N de sacs à 1euro (avec pondération pour les familles nombreuses).

Pour exemple, un ménage de 3 personnes doit payer 82 euros + 25 sacs à 1euro = 107 euros.

Si ce ménage dépose un sac semaine il devra acheter en plus 27 sacs à 1,80 euro = 48,60 euros. Mais sa moyenne à 10 kg le sac (estimé par le bourgmestre)  sera de 173 kg/habitant.

Si ce ménage, par volonté de réduire ses déchets dépose 1 sac par mois, il lui reste 13 sacs en trop. Malgré ses efforts, il aura mis 13 euros dans le pot commun, alors que sa moyenne est de 40kg.   Le plus grave n’est pas tant l’aspect financier mais le mauvais signal que reçoit ce ménage; c’est une incitation au gaspillage.

Si  les problèmes sont terriblement complexes, nous avons depuis 3 années, en reprenant les mêmes bases de calcul, démontré qu’il est parfaitement possible de réduire le N de sacs imposés.  La Région Wallonne ne dit pas combien de sacs il faut «donner».

Pour le ménage de 3 personnes, pour 2009, nous proposions 82 euros + 17 sacs = 99 euros.  Notre proposition constructive, à dessein sans exagérer pour faciliter le compromis, n’a trouvé que refus à chaque fois.   Si même, par distraction, on  s’est planté au dernier vote cela ne change rien. On peut dire que la majorité a emballé la commune dans ce que nous considérons comme son erreur de jugement.

 

Ce n’est pas tant une question de calcul qui est le problème; c’est une question de philosophie et de psychologie.

Philosophie :

Nous considérons que la production de déchets est au centre du gaspillage de notre société de consommation.  Le déchet est incompatible avec les solutions à trouver pour rendre notre civilisation durable. Pour les diminuer les voies à suivre sont, par hiérarchie:

1- La prévention

2- La préparation au réemploi

3- Le recyclage

4- La valorisation

5- L élimination

Dans cette optique, en gardant l’équilibre du budget, la question est :

Le plus grave est-ce de faire débourser un supplément de quelques euros l’année au producteur de déchets pour qu’il paie le coût de la prise en charge de sa surproduction ou d’imposer un N de sacs trop important aux citoyens qui ont consciemment choisi de limiter le gaspillage ?

Psychologie :

D’abord de la part des décideurs qui laissent penser aux citoyens que la décision de  distribuer des sacs «gratuitement» est une faveur. Ensuite, dans l’esprit des gens l’achat de quelques sacs est sacrilège alors que maintes dépenses inutiles sont insidieusement bien plus élevées.

Je terminerai en remerciant, avec la locale, toutes les personnes qui ont participé à notre action du 29 janvier. Merci aussi aux citoyens qui nous ont encouragés.  Bien qu’au départ, par souci d’ordre public, je ne fus pas trop …emballé par l’initiative de notre locale, nous avons pu prouver dans la réalité que les arguments présentés sont fondés en ayant  agi de manière responsable et conviviale.

A suivre!

Pour la locale Ecolo Thimister-Clermont

Roger Baguette (en charge du dossier)

* Visible sur le site de «l’avenir» : http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=39368978&postcode=4890

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